jeudi 12 octobre 2017

Plus de bois dans les constructions... plutôt que plus de constructions en bois

La conclusion de Jean-Marie Ballu  a été "Plus de bois dans les constructions plutôt que plus de constructions en bois"  car cela ouvre la voie aux feuillus disponibles face aux résineux très demandés et souvent importés.  Il s'agissait de sa conférence à la réunion AFEF du 12 octobre 2017 largement citée par la presse Un paradoxe français, une forêt sous-exploitée et un risque d'envol des constructions en bois importés ;. 
Les ministres Puech et Barnier, avec Ballu/ remise du rapport
Pourquoi ce rapport et cette présentation ? Pour reprendre le flambeau et agir !, et comme une sorte de suite à ses écrits :
· de 2007 "pour mobiliser la ressource de la forêt française" (sous-exploitation),
·  de 2009 avec Jean Puech "Mise en valeur de la forêt française et développement de la filière bois"
· et à l'annulation par le Conseil Constitutionnel le 15 mars 2010 du décret "multipliant par 10" le minimum de bois dans la construction.
·  au Colloque AFEF au Sénat du 26 sept. 2016 : "Pour un essor de la filière forêt-bois".

En effet près de 50 % de la production biologique de la forêt française n'est pas utilisée et la récolte stagne depuis deux décennies alors que la production biologique a augmenté de 30 %. Les feuillus pourraient être davantage utilisés, non seulement en structure, ameublement et décoration mais aussi pour des panneaux massifs épais (CLT). « Le marché tire - ou devrait tirer - la forêt » pour cela, il faut :
  • Redonner le goût des feuillus au public, aux consommateurs (chêne, hêtre , peuplier et feuillus précieux) par la pédagogie et une communication très ciblée), afin de recréer un marché  pouvant intéresser les industriels,
  • Moderniser nos filières forestières et  industrielles,
  • Mobiliser les bois français non récoltés, car ce sont  bien les ventes de bois qui font vivre la forêt, - et replanter des résineux et des peupliers pour  combler les trous de production attendus en créant un Fonds de reboisement et d'adaptation de la forêt au changement climatique (FRACC).Les industriels français multimatériaux pourraient envisager de venir aider cette filière soutenable en y contribuant au titre de la compensation carbone à espérer.
Trop recourir à la solution de facilité consistant à importer des résineux, est déstructurant pour la forêt française délaissée par l’économie, se reposant sur d'autres forêts industrielles européennes. Après les crispations entre diverses filières, des démarches volontaires de coopération pourraient conduire à une incorporation volontaire et croissante de bois dans les constructions. Les complémentarités sont fortes avec le béton (soubassement, noyau central ...) et les autres matériaux tels que les briques, tuiles, ardoises etc..
 
Jean-Marie BALLU conclut : « Mettre au cœur de sa maison un parquet de chêne ou un bel escalier en bois de pays, lui donne une âme ! un vrai plus qui valorise cette construction pour le futur et la fait monter en gamme ». Et à propos de l'augmentation du minimum de bois dans les constructions et pour utiliser plus les feuillus : « Mettre  plus de bois dans les maisons… ce n’est pas.... faire plus de maisons en bois ! ».